Le géant du luxe LVMH vient de publier des résultats en baisse pour 2024, dans un contexte de ralentissement du secteur. Bernard Arnault alerte sur l’impact potentiel de la nouvelle surtaxe française sur la compétitivité des entreprises.
Une année 2024 marquée par le ralentissement
L’heure n’est plus aux records pour le numéro un mondial du luxe. LVMH clôture l’année 2024 avec un bénéfice net de 12,55 milliards d’euros, en recul de 17% par rapport à 2023. Le chiffre d’affaires suit la même tendance avec une baisse de 2% pour atteindre 84,7 milliards d’euros. Ce repli intervient après trois années d’euphorie de 2021 à 2023, marquant ainsi une période de consolidation pour le groupe.
Jean-Jacques Guiony, directeur financier de LVMH, observe toutefois des signaux encourageants en fin d’année, notamment une amélioration progressive sur les marchés américain et européen. Cette dynamique pourrait présager d’un rebond en 2025, malgré un contexte qui reste complexe.
Des performances contrastées selon les divisions
La Mode et Maroquinerie, pilier historique du groupe, enregistre un recul de 3% avec un chiffre d’affaires de 41 milliards d’euros. Bernard Arnault défend particulièrement les performances de Dior, dirigée par sa fille Delphine, soulignant que la marque affiche « la meilleure performance parmi les maisons de couture en 2024 ».
La véritable surprise vient de Sephora, qui réalise une année « exceptionnelle ». La division Distribution sélective progresse de 2% pour atteindre 18 milliards d’euros. Selon des sources internes, Sephora ambitionne d’atteindre les 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2028.
En revanche, le segment Vins et Spiritueux traverse une période difficile avec une chute de 11% de ses ventes à 5,9 milliards d’euros. Pour redresser la situation, Jean-Jacques Guiony prendra personnellement les rênes de cette division, épaulé par Alexandre Arnault.
La surtaxe française : un enjeu majeur pour 2025
Bernard Arnault a profité de la présentation des résultats pour alerter sur les conséquences potentielles de la nouvelle surtaxe envisagée pour les grandes entreprises françaises. Le PDG de LVMH dresse un parallèle saisissant entre deux réalités économiques :
« Aux États-Unis, les impôts vont descendre à 15% et les ateliers sont subventionnés dans plusieurs États. En France, on s’apprête à augmenter de 40% les impôts des entreprises qui fabriquent sur le territoire. Pour pousser à la délocalisation, c’est idéal ! »
Cette comparaison met en lumière un enjeu crucial pour la compétitivité des entreprises françaises. Bien que présentée comme temporaire, la surtaxe soulève des inquiétudes quant à sa pérennité et son impact sur les décisions d’investissement des grands groupes.
Perspectives et enjeux pour les investisseurs
Le contexte actuel présente plusieurs défis majeurs pour LVMH. La faiblesse persistante du marché asiatique, hormis au Japon, et l’incertitude liée à la période électorale aux États-Unis constituent des points de vigilance. Néanmoins, la résilience du marché européen et les performances exceptionnelles de certaines divisions comme Sephora offrent des motifs d’optimisme.
Tiffany, dont l’acquisition avait fait couler beaucoup d’encre, démontre la pertinence de la stratégie du groupe. Bernard Arnault souligne que le résultat de la marque a doublé depuis son rachat, balayant les critiques sur cette « belle endormie » qu’il fallait réveiller.
Conclusion
L’année 2024 marque un tournant pour LVMH après plusieurs années de croissance exceptionnelle. Si le groupe démontre sa capacité à traverser les périodes de turbulence, l’enjeu de la surtaxe française pourrait influencer ses choix stratégiques futurs. Pour les investisseurs, la solidité financière du groupe et sa capacité d’adaptation restent des atouts majeurs dans un contexte économique incertain.